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Champion de Chambonnières

Jacques
Né à Chambonnières-en-Brie en 1601
Mort à Paris en 1672

 
Français
Maître de d’Anglebert, Louis Couperin, et de Nicolas-Antoine Lebègue
Organiste et compositeur, mais aussi le plus grand virtuose du clavecin vers le milieu du XVIIe siècle français ; il est le plus célèbre d’une longue lignée de musiciens qui part de Jacques Champion, chantre de Charles Quint, en passant par Nicolas, lui aussi chantre de la chapelle impériale, Thomas, dit Mithou (mort en 1580 env.), son grand-père, et Jacques son père (1555 env.-1638 env.), tous deux organistes et épinettes de la chambre du roi (Henri IV, Louis XIII) ; Nicolas, son frère, et Jacques, son fils, furent également chanteurs ou clavecinistes-organistes. Lui-même naît à Paris ou à Chambonnières-en-Brie. Dès 1611, il succède à son père comme joueur d’épinette de la chambre du roi ; il devient aussi organiste de la chapelle royale, partageant ce service avec Joseph Chabanceau de La Barre (1633-1678), qui occupa cette fonction à partir de 1656. On possède de lui deux livres de clavecin, qui ne furent jamais édités de son vivant ; l’un n’est pas daté et l’autre fut dédié, en 1670, à la duchesse d’Enghien. Chambonnières exprime à un haut degré les qualités de l’école française de clavier de son époque, entre 1640 et 1650 environ.
Son écriture assure la transition entre le style de luth et celui de clavecin. Son art demeure toujours sobre ; il est « caractéristique du style aristocratique de tous les clavecinistes français qui joignent au laconisme une apparente désinvolture, dissimulant une extrême rigueur de facture » (R. Bernard). Chambonnières est l’un des principaux artisans de la formation de la suite instrumentale pour clavier : il lui donne son ossature essentielle, comprenant notamment allemande, courante, sarabande et gigue, où alternent des mouvements à tempo rapide ou lent. À ce stade originaire de la suite, il n’était pas obligatoire, loin de là, d’interpréter tous les mouvements proposés ; que l’on songe seulement à l’une de ses suites qui comprend vingt-cinq danses, dont dix courantes l’une après l’autre ! Par l’intermédiaire de Froberger, une telle structure passera dans les Allemagnes et s’y déploiera pendant plus d’un siècle. À ces danses, s’ajoutent naturellement d’autres rythmes, tels que gaillardes, menuets, pavanes, chacones, etc. Chambonnières écrit ces diverses pages dans une même tonalité. Quand il pare certains de ces mouvements de noms évocateurs, à caractère symbolique, pittoresque, suggérant une correspondance ou une image parfois difficile à déceler (L’Affligée, La Villageoise, Le Moustier, La Dunkerque), on peut songer au portrait d’un personnage maintenant inconnu ; mais quand il intitule une pavane L’Entretien des dieux, peut-être faut-il se souvenir qu’il a pu admirer les œuvres de Nicolas Poussin et qu’il veut suggérer quelque plastique musicale sereine, ordonnée et majestueuse, en accord subtil avec l’esprit de la noble pavane. Très souvent, son inspiration mélodique est de type populaire, mais son esprit appartient incontestablement à l’art de cour et de salon aristocratique. Si la technique de Chambonnières nous semble aujourd’hui un peu pâle, comparée à celle de ses successeurs, il faut se souvenir qu’il fut l’un des pionniers de l’art du clavecin. Et c’est la raison pour laquelle il a tellement ébloui ses contemporains. De nombreuses danses comprennent un « double », cet aspect de la variation à la française où son ingéniosité fait merveille, et qui consiste à répéter une phrase mélodique avec arabesques et ornements divers, très souvent d’ailleurs improvisés, afin d’en assouplir la ligne ; le compositeur ou l’interprète substitue alors, aux notes tenues, broderies et notes de passage. Excellent professeur enfin, Chambonnières exerça une influence considérable. Parmi ses élèves, citons les plus prisés : les trois frères Couperin (Louis, Charles et François l’Ancien), N. Le Bègue, J. H. d’Anglebert, R. Cambert, G. Nivers, P. Gautier, C. Burette (ou Buret, mort en 1700 env.), et G. Hardel (mort en 1679), qui fut le légataire de ses œuvres. On retient de lui des prétentions nobiliaires assez obsessionnelles (il se fait appeler marquis), semble mener une vie dispendieuse, peut être cause de la séparation de biens demandée et obtenu pas sa seconde épouse. Il s'est fait de solides ennemis. Il est à l'origine de la carrière des Couperins qu'il découvre à Chaumes-en-Brie, il présente Louis Couperin au roi. On dit aussi qu'il est un des précurseurs de la forme suite, à sa manière de regrouper ses compositions par tonalité, ce que font également ses élèves.
Pierre-Paul Lacas
Musicologue

Pièces de clavecins

Suite en Ut

  • Prélude
  • Allemande
  • Courante
  • Courante
  • Prélude
  • Sarabande grave
  • Gigue
  • Pavane « l’entretient des dieux »
  • Prélude
  • Prélude
  • Chacone
  • Prélude
  • Paschalia

DHM

Suite en sol

  • Prélude en imitation de Froberger
  • Prélude
  • Allemande dite « l’affligée »
  • Prélude
  • Saradande
  • Canaris
  • Prélude
  • Gaillarde
  • Pavane

Suite en La

  • Allemande : « la rare »
  • Courante
  • Sarabande
  • La drôlerie

Suite en L a

  • Allemande : « la mignonne »
  • Courante
  • Sarabande

DHM

texte de Didier Descouens (email)

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